Danse et compositions,
Noa Eshkol (1924 - 2007),
Du16 avril au 30 août 2026,
Exposition temporaire au Musée d’histoire et d’art du Judaïsme, Paris.
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En deux mots
La première exposition rétrospective consacrée à l’artiste, danseuse etchorégraphe israëlienne Noa Eshkol en France se déroule au Musée d’histoire etd’art du Judaïsme, situé dans le 3e arrondissement de Paris, du 16 avril au 30août 2026. Diverses photos, vidéos et une sélection de ses œuvres textiles permettent de retracer sa vie et riche carrière, qui inspire encore certains artistes d’aujourd’hui. Fille d’émigrants ukrainiens installés en Palestine ottomane dans les années 1910, Noa Eshkol naît au kibboutz Degania en Galilée en 1924. En 1938, elle s’installe avec sa mère à Holon, au sud de Tel-Aviv,terre qui forme sa conception artistique et à laquelle elle rend hommage à travers son œuvre. L’exposition permet de suivre l’évolution de sa pratique artistique, caractérisée par sa double approche de l’art : la danse et la composition textile.
Cette exposition, c’est donc d’abord la danse qui l’anime. Celle de Noa Eshkol est marquée par ses débuts artistiques à Tel-Aviv auprès de la représentante de la danse expressionniste allemande et pionnière de la danse moderne Tille Rössler, puis par la continuation de son apprentissage à Manchester et à Londres. Minimalisme et modernité sont les fondements de son approche chorégraphique –ce que les vidéos et photographies présentées au cours de l’exposition mettent en évidence, donnant à voir des chorégraphies et mises en scènes sans costumes ni décors, qui permettent de se concentrer pleinement sur le corps et surl’espace qu’il prend. Noa Eshkol attire ainsi l’attention sur la présence et les mouvements des danseurs : « Nous renonçons à l’utilisation de tous les outils qui ne sont pas intrinsèquement liés au mouvement », dit-elle dans le cadre de la création de la compagnie Chamber Dance Quartett en 1954. À cetégard, la danseuse et chorégraphe pense indissociable de son travail chorégraphique l’élaboration de la notation du mouvement, aussi nommée Eshkol Wachmann Movement Notation (EWMN), qu’elle établit afin de mettre en avantl’expression corporelle, sans dépendre de musique ni d’artifices scéniques.
Le MAHJ, en exposant les graphiques et archives de notes de la chorégraphe et théoricienne, donne à voir toute la complexité de ce système, qui recourt à une combinaison de symboles et de chiffres pour noter avec précision lesoscillations du corps. Mais la danse n’est pas pensée comme élément isolé, ici. L’intersection entre son art et les évènements politiques et historiques est particulièrement notable dans le cours de l’exposition, aussi bien par les vidéos que par les citations de Noa Eshkol affichées tout au long du parcours.Dans le contexte de la création de l’État d’Israël et la mémoire de la Shoah,sa conception de la chorégraphie du dixième anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie en 1953 souligne la commémoration comme une des fonctions del’art. Par ailleurs, l’année 1973 marque une « rupture » radicale dans l’histoire contemporaine ainsi que dans sa pratique artistique. Lorsqu’éclate la guerre de Kippour le 6 octobre 1973, Noa Eshkol renonce à sa vocation pourla danse pour se tourner vers l’art textile. Elle conçoit alors ses wallcarpets, tapis muraux constitués de morceaux de vêtements usagés et dechutes de tissus, qui sont ensuite cousus les uns aux autres à la main.Les matériaux utilisés vont du satin au coton, jusqu’au polyester. Bien que ses deux pratiques artistiques soient fondamentalement différentes l’une de l’autre, l’influence de la danse reste présente. Son œuvre intitulée A bigkolo (Folk Dance) fait référence au kolo, danse traditionnelle des Balkans, qui ressemble à la hora, danse collective devenue emblématique dans la Palestine mandataire des années 1930.
L’exposition sur Noa Eshko, intitulée Danse et compositions, montre donc en quoi l’art et sa pratique, quelle que soit sa forme, est une forme de résistance.Les événements tragiques et violents en Israël la marquent profondément –ainsi, alors que l’un des danseurs de sa troupe est mobilisé pendant la guerre de Kippour, elle annonce qu’« il n’est plus temps de danser. » Elle intitule d’ailleurs sa première tapisserie Yom Kippour (In memory of Dan Sapir).En outre, le travail de tapisserie qu’elle développe s’inscrit dans une tradition juive du commerce et du réemploi de tissus. L’exposition met ainsi bien en lumière la dualité de sa pratique artistique, l’influence de la guerre sur son œuvre et le lien profond qu’elle entretient avec sa terre natale.
La mort de Noa Eshkol en 2007 ne mettra pas fin à l’influence de sa pratique artistique. Rappelons que la Noa Eshkol Foundation for Movement Notation, basée dans sa maison à Holon, est créée d’après son testament, et qu’aujourd’hui, les artistes comme Yael Bartana et Sharon Lockhart s’inspirent fortement del’œuvre cette artiste aux multiples facettes, à laquelle
l’exposition du MAHJ est consacrée.
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Ella Grober
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le 23 juillet 2026
Danse et compositions,
Noa Eshkol (1924- 2007),
du 16 avril au 30 août 2026,
Musée d’histoire et d’art du Judaïsme, Paris.
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Crédit photos ©
NoaEshkol, Red Tree, 1990 Coton, velours végétal, sergé, tricot, batiste,181,5 x 87 cm Holon, Israel, The Noa Eshkol Foundation for Movement Notation,et Berlin, neugerriemschneider Photo Jens Ziehe, Berlin 207 x 193 cm Berlin,neugerriemschneider