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Colloque de Cerisy juillet 2009 Comment rêver la science-fiction à présent ?Formes hybrides
Les derniers jours du colloque ont exploré plus en détail les formes autres que purement littéraires de la science-fiction contemporaine en approfondissant certaines problématiques déjà amorcées précédemment.
(
27-30 juillet)

La question de l’hybridité générique est ainsi au centre de plusieurs communications. Lauric Guillaud, professeur à l’Université d’Angers, démontre pourquoi, contrairement aux trois premiers épisodes de la série, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, le quatrième opus de Steven Spielberg, ne fonctionne pas. L’accumulation outrancière de références science-fictionnelles, ésotériques, archéologiques et ufologiques, souvent non exploitées, sature le propos et tourne à vide. Au contraire, Laura Hilton, doctorante à l’université de Birmingham,  présente le mélange fécond du gothique et de la science-fiction dans la bande-dessinée The League of extraordinary Gentlemen, d’Alan Moore et Kevin O’Neill. Le roman graphique transpose des personnages fantastiques célèbres dans un univers steampunk unissant ainsi passé et avenir. Aurélie Villers, PRAG à l’université de Beauvais, explore l’hybridité temporelle et chronologique à l’œuvre dans la série Lost de J.J. Abrams à travers les manipulations de la structure narrative et le jeu sur les analepses et les prolepses. Elle montre comment la science-fiction contemporaine se renouvelle ici non pas par des novum, puisque ceux-ci sont en fait essentiellement des motifs traditionnels, mais par une complexification des temporalités et de la narration. Enfin, Adela Cortijo, Maître de conférences à l’université de Valencia, interroge l’hybridité à travers le motif animalier dans les œuvres d’Enki Bilal et en particulier la Trilogie Nikopol et la Tétralogie du Monstre. Une tension s’installe en effet dans ces bande-dessinées entre les animaux naturels, surnaturels et mécaniques dans la perspective d’un plaidoyer écologique.

Colloque de Cerisy juillet 2009 Comment rêver la science-fiction à présent ?L’hybridité ne se retrouve pas seulement à l’intérieur de l’œuvre elle-même mais dans la multiplication des supports de la science-fiction. Gilles Menegaldo, professeur à l’Université de Poitiers, analyse ainsi les différents avatars du roman d’H.G. Wells The War of the Worlds, l’émission radiophonique d’Orson Welles, et les deux films de Byron Haskin (1953) et de Steven Spielberg (2005). Il commente notamment la dimension purement cinématographique de ce dernier film et les motifs du reflet et du regard pour souligner l’idée que le film de Spielberg propose ce qu’il appelle une "éthique de la vision". L’imaginaire de la science-fiction est désormais en grande partie un imaginaire visuel, qui dépasse largement le cadre strictement littéraire, ce que prouvent les nombreuses communications sur le cinéma par exemple. Ainsi, Benjamin Thomas, ATER en études cinématographiques à Lille III , interroge deux films japonais récents (Hellevator de Hiroki Yamaguchi (2004) et 20th Century boys de Yukihiko Tsutsumi (2008)) sous l’angle du rapport entre politique et cinéma de science-fiction. En s’appuyant sur le concept de "dissensus" de Jacques Rancière, il montre comment le cinéma japonais ne cache pas ses artifices et propose ainsi une réflexivité porteuse d’une fonction politique efficace. Giovanni Berjola, doctorant en littérature française, quant à lui, propose une lecture de l’anime en 23 épisodes, Ergo Proxy, qui présente un univers post-apocalyptique et dystopique à l’esthétique cyberpunk qui joue volontiers sur des effets métafictionnels.

Enfin, on assiste à une dissémination de l’univers de la science-fiction qui désormais influence le monde contemporain dans différents domaines. Sophie Lécole-Solnychkine, ATER en Arts plastiques à l’université Toulouse II, analyse la question du paysage dans le cinéma de science-fiction en montrant un double mouvement du réel au paysage représenté et du paysage fictif au paysage réel. Enfin, Christian Chelebourg, professeur à l’université Nancy II, pose la question des écofictions et du réchauffement climatiques à partir de films de science-fiction mais aussi d’autres œuvres comme le documentaire sur Al Gore An inconvenient Truth. Dans la lignée de la communication de Thierry Jandrok, il évoque aussi le livre de Art Bell et Whitley Strieber qui a inspiré le film de Roland Emmerich The Day after Tomorrow et montre le va-et-vient dangereux qui s’y établit entre science et fiction.

Claire Cornillon
Le 31/07/09

Colloque de Cerisy juillet 2009 Comment rêver la science-fiction à présent ?
Présentation générale de Cerisy, cliquez ici.
Compte-rendu des premiers jours du colloque (20-23 juillet), cliquez ici.
L’espace du rêve (24-26 juillet), cliquez ici.

 

 

 

 

 

 

 

 

Légendes photos :
Photo 1 : Adela Cortijo
Photo 2 : Daniel Tron, Christian Chelebourg, Sophie Lécole Solnychkine et Giovanni Berjola
Photo 3 : Christian Chelebourg

Crédits photographiques Claire Cornillon